Arusha, Tanzanie : carrefour des safaris, histoire et guide de la ville
Nichée entre le mont Meru et le mont Kilimandjaro, à 1 400 mètres d'altitude sur les hauts plateaux du nord de la Tanzanie, Arusha est bien plus qu'une simple étape avant le safari. Cette ville de 600 000 habitants est le coeur battant du tourisme est-africain, le point de départ obligé de la quasi-totalité des circuits du nord et un creuset culturel où se mêlent traditions masaïes, héritage colonial allemand et dynamisme d'une métropole africaine en pleine expansion. Comprendre Arusha, c'est déjà commencer votre voyage en Tanzanie.
L'histoire d'Arusha : du comptoir allemand à la capitale des safaris
L'histoire d'Arusha est indissociable de celle des Wa-Arusha, un sous-groupe masaï agricole qui s'est installé dans la région au XVIIIe siècle, donnant son nom à la ville. Contrairement aux Masaïs pastoraux, les Wa-Arusha pratiquaient l'agriculture sur les pentes fertiles du mont Meru, cultivant bananes, millet et haricots.
Les étapes clés de l'histoire de la ville :
- 1900 : les Allemands établissent un poste militaire (Boma) à Arusha, dans le cadre de l'Afrique orientale allemande. Le bâtiment de la Boma, restauré, abrite aujourd'hui le Musée d'histoire naturelle d'Arusha.
- 1919 : après la Première Guerre mondiale, la Tanzanie (alors Tanganyika) passe sous mandat britannique. Arusha devient un centre administratif et agricole, attirant des colons européens qui développent les plantations de café.
- 1961 : l'indépendance du Tanganyika est proclamée. Arusha accueille en 1967 la célèbre Déclaration d'Arusha du président Julius Nyerere, posant les fondements de l'Ujamaa (socialisme africain).
- 1994 : Arusha est choisie comme siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), lui conférant une stature internationale.
- Aujourd'hui : la ville est le siège de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et la capitale incontestée du tourisme de safari en Tanzanie.
Géographie et situation stratégique
Arusha occupe une position géographique exceptionnelle qui explique son rôle central dans le tourisme tanzanien :
- Au pied du mont Meru (4 566 m), dont les pentes fertiles alimentent la ville en eau et en produits agricoles.
- À 80 km du Kilimandjaro (5 895 m), plus haut sommet d'Afrique, visible par temps clair depuis la ville.
- Au coeur du circuit nord : Tarangire (120 km), lac Manyara (126 km), cratère du Ngorongoro (180 km) et Serengeti (335 km) sont tous accessibles en une journée de route.
- À mi-chemin entre Nairobi et Dar es Salaam, sur l'axe routier principal de l'Afrique de l'Est.
La ville se situe symboliquement à mi-distance entre le Cap et le Caire, un fait commémoré par un monument au centre-ville (même si la mesure exacte est contestée). Cette centralité n'est pas qu'anecdotique : elle illustre le rôle de carrefour qu'Arusha joue depuis des siècles sur les routes commerciales est-africaines.
Le centre-ville : repères et ambiance
Le centre d'Arusha se déploie autour de quelques artères principales :
- Boma Road / Old Moshi Road : l'axe historique, bordé de bâtiments coloniaux, menant à la Tour de l'Horloge (Clock Tower), point zéro symbolique de la ville.
- Sokoine Road : artère commerciale animée où se succèdent boutiques, bureaux de change et restaurants.
- Corridor Road (Nairobi-Moshi Road) : route principale traversant la ville d'est en ouest, bordée de centres commerciaux modernes et d'hôtels internationaux.
L'ambiance d'Arusha est celle d'une ville africaine dynamique, bien éloignée de l'image figée que certains guides touristiques véhiculent. Les dalla-dalla (minibus) se faufilent dans un trafic dense, les marchands ambulants proposent fruits tropicaux et cartes SIM, les terrasses de cafés modernes côtoient les étals traditionnels. La ville vibre d'une énergie communicative, portée par une jeunesse nombreuse et connectée.
La sécurité à Arusha est globalement bonne pour une ville de cette taille. Les précautions habituelles s'appliquent : évitez de montrer ostensiblement des objets de valeur, privilégiez les taxis recommandés par votre hôtel la nuit, et restez vigilant sur les marchés bondés.
Culture et population
La population d'Arusha est un mosaïque ethnique reflétant la diversité de la Tanzanie :
- Les Wa-Arusha et les Meru : peuples autochtones de la région, agriculteurs des pentes du mont Meru.
- Les Masaïs : présents dans la périphérie et sur les marchés, reconnaissables à leurs shuka rouges caractéristiques. Arusha est la ville masaïe la plus importante de Tanzanie.
- Des communautés de tout le pays : Chagga du Kilimandjaro, Haya du lac Victoria, Swahilis de la côte, attirés par les opportunités économiques du tourisme.
- Des communautés internationales : expatriés liés aux organisations internationales (ONU, EAC), professionnels du tourisme, et une communauté indienne historique très présente dans le commerce.
Le swahili est la langue véhiculaire, mais l'anglais est largement parlé dans le secteur touristique. Quelques mots en swahili (jambo pour « bonjour », asante pour « merci », karibu pour « bienvenue ») seront toujours appréciés et ouvriront bien des portes.
Arusha, plaque tournante des safaris
Si l'on considère le nombre de voyageurs qui transitent par la ville chaque année, Arusha est la véritable capitale mondiale du safari. Voici pourquoi :
- Plus de 500 agences de safari sont enregistrées à Arusha, des grands opérateurs internationaux aux petites structures locales spécialisées.
- Deux aéroports desservent la ville : l'aéroport international du Kilimandjaro (JRO), à 46 km, et l'aéroport domestique d'Arusha (ARK), plus proche du centre.
- La quasi-totalité des circuits du nord (Serengeti, Ngorongoro, Tarangire, Manyara, Arusha) débutent et se terminent à Arusha.
- L'infrastructure hôtelière est la plus développée du nord de la Tanzanie, avec des options allant de l'auberge de jeunesse à 15 € la nuit au lodge de luxe à 500 € et plus.
Pour en savoir plus sur le rôle logistique d'Arusha dans l'organisation d'un safari, consultez notre article dédié : Arusha, porte des safaris.
Le lien entre la ville et le parc national
Le parc national d'Arusha est l'un des rares parcs au monde à se trouver à moins de 30 minutes d'une ville majeure. Cette proximité crée un lien unique :
- Les colobes et les babouins du parc s'aventurent parfois dans les quartiers résidentiels proches de la limite du parc.
- Le mont Meru, qui constitue l'essentiel du territoire du parc, domine le paysage quotidien des habitants d'Arusha et influence leur climat, leur agriculture et leur approvisionnement en eau.
- Les habitants locaux bénéficient d'un tarif d'entrée réduit (1 500 TZS, soit moins de 1 €) qui leur permet de profiter du parc pour des randonnées dominicales.
Pour les voyageurs, cette proximité est une aubaine : si vous arrivez à Arusha en début d'après-midi, vous pouvez être au bord des lacs Momella pour un game drive ou un safari en canoë avant le coucher du soleil, sans aucun transfert long ni fatigant.
Que voir et que faire en ville
Au-delà de son rôle de base de safari, Arusha offre des découvertes urbaines authentiques :
- Le marché central (Central Market) : un labyrinthe coloré de fruits tropicaux, d'épices, de tissus kitenge et de produits artisanaux. L'expérience sensorielle est totale.
- Le Musée de la Déclaration d'Arusha : installé dans l'ancienne Boma allemande, il retrace l'histoire de la ville et de la Tanzanie, avec une section dédiée à la Déclaration d'Arusha de 1967.
- Cultural Heritage Centre : complexe commercial et culturel réputé pour sa collection d'art africain, ses tanzanites et son architecture. Voir notre guide que faire à Arusha.
- Le marché Masaï : marché en plein air proposant bijoux, perles, couteaux, sculptures et tissus masaïs.
- Shanga : atelier-boutique employant des artisans en situation de handicap, qui créent bijoux, verrerie et objets en matériaux recyclés. Un projet social inspirant.
Comptez une demi-journée à une journée pour explorer la ville. Un guide local (environ 30-50 €, soit 79 000-132 000 TZS, pour une demi-journée) enrichira considérablement votre visite en vous ouvrant des portes que vous ne trouveriez pas seul.
Informations pratiques
Comment arriver à Arusha
- Par avion : vols internationaux via l'aéroport du Kilimandjaro (JRO), desservi depuis Amsterdam (KLM), Istanbul (Turkish Airlines), Doha (Qatar Airways) et Nairobi. Vols domestiques depuis Dar es Salaam, Zanzibar et les parcs via Arusha Airport (ARK).
- Par route : Arusha est à 5 h de Nairobi (navettes régulières, 25-30 €), 8-9 h de Dar es Salaam, 1 h 30 de Moshi.
Se déplacer en ville
- Taxis : omniprésents, négociez le prix avant le départ. Comptez 5 000-10 000 TZS (2-4 €) pour une course en ville.
- Dalla-dalla : minibus locaux, extrêmement bon marché (500 TZS, 0,20 €) mais bondés et sans itinéraire fixe pour un non-initié.
- Bajaji : tuk-tuks motorisés, pratiques pour les courtes distances (3 000-5 000 TZS).
Monnaie et change
Le shilling tanzanien (TZS) est la monnaie locale. 1 € ≈ 2 630 TZS et 0,93 € ≈ 2 630 TZS. Les bureaux de change sont nombreux sur Sokoine Road et Joel Maeda Street. Les distributeurs automatiques (ATM) acceptent Visa et Mastercard.
Questions fréquentes sur Arusha
Combien de jours passer à Arusha ?
La plupart des voyageurs passent 1 à 2 nuits à Arusha : une nuit d'arrivée avant le safari et éventuellement une nuit de retour. Si vous souhaitez explorer la ville et le parc national, prévoyez 2 à 3 jours. L'ascension du mont Meru ajoute 3 à 4 jours.
Arusha est-elle une ville sûre ?
Arusha est considérée comme l'une des villes les plus sûres de Tanzanie pour les touristes, grâce à l'importance du secteur touristique dans l'économie locale. Les précautions classiques de bon sens s'appliquent : évitez les quartiers isolés la nuit, ne montrez pas d'objets de valeur et utilisez les taxis recommandés par votre hébergement.
Quelle est l'altitude d'Arusha ?
Arusha se situe à 1 400 mètres d'altitude, ce qui lui confère un climat tempéré agréable toute l'année. Cette altitude ne pose aucun problème de mal d'altitude pour les voyageurs, mais elle contribue à des nuits fraîches qui surprennent ceux qui s'attendent à des chaleurs tropicales.
Quels aéroports desservent Arusha ?
Deux aéroports : l'aéroport international du Kilimandjaro (JRO), à 46 km de la ville, pour les vols internationaux et certains vols domestiques ; et l'aéroport d'Arusha (ARK), plus proche du centre, principalement pour les vols intérieurs et les transferts vers les parcs en avion léger.
Parle-t-on français à Arusha ?
Le français n'est pas courant à Arusha. Les langues dominantes sont le swahili (langue nationale) et l'anglais (très répandu dans le tourisme). Cependant, des guides francophones sont disponibles auprès de plusieurs agences locales si vous préférez un accompagnement en français.
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