L'hippopotame en Tanzanie : le colosse des rivières et des lacs
Il passe ses journées immergé dans l'eau, seuls les yeux, les oreilles et les narines émergeant à la surface. La nuit, il quitte son refuge aquatique pour parcourir des kilomètres à travers la savane et brouter jusqu'à 40 kg d'herbe. L'hippopotame (Hippopotamus amphibius) mène une double vie fascinante entre monde aquatique et monde terrestre. Troisième plus grand mammifère terrestre après l'éléphant et le rhinocéros blanc, il est aussi l'un des plus dangereux d'Afrique. En Tanzanie, les rivières du Serengeti, les lacs du Selous/Nyerere et les mares de Katavi abritent des populations spectaculaires.
Portrait de l'hippopotame
Le mot « hippopotame » vient du grec ancien hippopotamos, « cheval de rivière ». C'est un terme trompeur : les plus proches parents vivants de l'hippopotame sont en réalité les cétacés (baleines et dauphins), avec lesquels il partage un ancêtre commun datant d'environ 55 millions d'années.
- Poids : 1 500 à 3 200 kg pour les mâles, 1 300 à 2 500 kg pour les femelles. Les gros mâles dominants peuvent dépasser 3 500 kg.
- Longueur : 3,30 à 5 mètres.
- Canines : les canines inférieures (défenses) peuvent mesurer jusqu'à 50 cm et peser 3 kg. Elles poussent continuellement et s'aiguisent par frottement avec les canines supérieures, créant un tranchant redoutable.
- Peau : épaisse de 5 cm, quasiment glabre. Elle sécrète une substance rouge-orangée surnommée « sueur de sang », qui est en réalité un filtre solaire et un antiseptique naturel.
- Vitesse : malgré sa masse, l'hippopotame peut atteindre 30 km/h sur terre et nager rapidement sous l'eau.
- Espérance de vie : 40 à 50 ans à l'état sauvage.
Une double vie : aquatique le jour, terrestre la nuit
L'hippopotame mène une existence réglée par un rythme circadien strict qui le rend unique parmi les grands mammifères :
Le jour : la vie aquatique
Pendant les heures chaudes, l'hippopotame reste immergé dans les rivières, les lacs ou les mares pour protéger sa peau sensible du soleil. Malgré sa masse, il ne nage pas véritablement — il marche, trotte et bondit sur le fond, capable de rester submergé jusqu'à 5 minutes en fermant ses narines et ses oreilles.
Les « hippo pools » du Serengeti offrent un spectacle permanent : des dizaines d'hippopotames serrés les uns contre les autres, grognant, bâillant et se chamaillant dans une proximité qui peut sembler étonnante pour des animaux aussi territoriaux.
La nuit : le grand broutage
Au crépuscule, les hippopotames quittent l'eau et empruntent des sentiers ancestraux — toujours les mêmes, creusés au fil des siècles — pour gagner leurs zones de pâturage. Ils parcourent jusqu'à 10 kilomètres par nuit et consomment 35 à 40 kg d'herbe courte.
Ce broutage nocturne joue un rôle écologique majeur : les hippopotames transportent dans l'eau des quantités considérables de nutriments (via leurs excréments), fertilisant les rivières et les lacs et nourrissant des chaînes alimentaires entières. Ils sont de véritables « pompes à nutriments » entre les écosystèmes terrestres et aquatiques.
L'animal le plus dangereux d'Afrique ?
L'hippopotame est souvent cité comme l'animal le plus dangereux d'Afrique pour l'homme, responsable d'environ 500 décès humains par an sur le continent — plus que le lion, le léopard, l'éléphant et le buffle réunis (hors moustique).
Plusieurs facteurs expliquent cette dangerosité :
- Territoire aquatique : l'hippopotame défend férocement son territoire dans l'eau. Les pêcheurs et les riverains qui empiètent sur son espace, volontairement ou non, sont les principales victimes.
- Agressivité imprévisible : un hippopotame peut charger sans avertissement, renverser une pirogue ou mordre un nageur. Les mâles dominants sont particulièrement territoriaux pendant la saison de reproduction.
- Puissance de mâchoire : l'hippopotame possède la morsure la plus puissante de tous les mammifères terrestres — estimée à 8 100 newtons (contre environ 4 500 pour un lion). Ses canines de 50 cm peuvent trancher un crocodile en deux.
- Rencontres nocturnes : les accidents se produisent aussi sur terre, la nuit, quand des personnes croisent un hippopotame sur un sentier de broutage. L'animal, coupé de son refuge aquatique, réagit avec une agressivité décuplée.
En safari en véhicule, les hippopotames ne représentent aucun danger. Les observations depuis les berges des rivières et les ponts sont parfaitement sûres. En revanche, les safaris en bateau (proposés au Selous/Nyerere et sur la rivière Rufiji) maintiennent toujours une distance respectueuse.
Où observer les hippopotames en Tanzanie
- Serengeti — Hippo Pool de Retima : le site le plus accessible et le plus célèbre. Situé dans la vallée de Seronera, ce pool permanent abrite des dizaines d'hippopotames. Un point de vue aménagé permet une observation à pied (l'un des rares endroits où l'on peut descendre du véhicule dans le Serengeti).
- Serengeti — Rivière Grumeti : des hippo pools spectaculaires dans le corridor occidental, où les hippopotames cohabitent avec d'énormes crocodiles du Nil.
- Selous/Nyerere : la rivière Rufiji et les lacs intérieurs abritent l'une des plus grandes populations d'hippopotames de Tanzanie. Les safaris en bateau offrent une perspective unique.
- Katavi : en saison sèche, des centaines d'hippopotames se concentrent dans les mares résiduelles, entassés dans un espace de plus en plus réduit. Le spectacle est unique en son genre.
- Lac Manyara : des hippopotames dans les eaux alcalines du lac, observables depuis la rive sud du parc.
Katavi : le spectacle ultime des hippopotames
Le parc national de Katavi, dans l'ouest reculé de la Tanzanie, offre l'observation d'hippopotames la plus spectaculaire de tout le continent africain :
- Pendant la saison sèche (août-novembre), les plaines d'inondation de Katavi s'assèchent progressivement, concentrant des centaines d'hippopotames dans des mares de plus en plus réduites.
- Les animaux s'entassent littéralement les uns sur les autres, créant un spectacle d'une densité inouïe. Les combats entre mâles se multiplient, les tensions explosent, et l'atmosphère est électrique.
- Les crocodiles, également concentrés dans les mêmes mares, ajoutent une dimension supplémentaire au spectacle.
Katavi est l'un des parcs les plus difficiles d'accès de Tanzanie (vols charters depuis Arusha ou Dar es Salaam, à partir d'environ 400 euros l'aller), mais les voyageurs qui font l'effort sont récompensés par une expérience véritablement hors du commun.
Conservation
L'hippopotame est classé « vulnérable » par l'UICN. La population mondiale est estimée entre 115 000 et 130 000 individus, en déclin dans de nombreux pays africains. La Tanzanie abrite une population significative, protégée dans ses parcs nationaux et réserves.
- Menaces principales : perte d'habitat (assèchement des rivières, développement agricole), braconnage pour l'ivoire de leurs canines (alternative à l'ivoire d'éléphant après le durcissement des contrôles) et conflits avec les populations riveraines.
- Rôle écologique : la disparition des hippopotames aurait des conséquences en cascade sur les écosystèmes aquatiques, privés de l'apport en nutriments que représentent leurs excréments.
Conseils d'observation
- Safari en bateau : si votre itinéraire inclut le Selous/Nyerere, ne manquez pas le safari en bateau sur la rivière Rufiji. L'approche par l'eau offre une perspective unique sur les hippopotames dans leur élément.
- Patience au hippo pool : les moments les plus intéressants (bâillements, combats, interactions avec les petits) se produisent de manière imprévisible. Restez 20 à 30 minutes pour augmenter vos chances.
- Fin de journée : les hippopotames commencent à sortir de l'eau vers 17h-18h. Observer leur émergence progressive est un moment magique, surtout en lumière dorée.
- Son : les grognements et les « rires » des hippopotames font partie de la bande sonore inoubliable du safari. Prêtez l'oreille aux vocalises sous-marines, qui se transmettent simultanément dans l'air et dans l'eau.
- Photo : un téléobjectif (200-400 mm) est idéal pour capturer les yeux et les oreilles émergeant de l'eau. Attendez le moment du bâillement pour un portrait spectaculaire montrant les canines.
Questions fréquentes sur l'hippopotame en Tanzanie
L'hippopotame est-il vraiment l'animal le plus dangereux d'Afrique ?
En termes de décès humains causés par an (hors moustique), l'hippopotame est en effet le grand mammifère le plus meurtrier d'Afrique, avec environ 500 décès annuels. Sa territorialité dans l'eau et son agressivité imprévisible en font un animal particulièrement dangereux pour les populations riveraines et les pêcheurs.
Peut-on voir des hippopotames dans le Serengeti ?
Oui, le Serengeti abrite plusieurs hippo pools permanents, dont le célèbre Retima Hippo Pool dans la vallée de Seronera. C'est l'un des rares endroits du parc où les visiteurs peuvent descendre du véhicule pour observer les animaux depuis un point de vue aménagé.
Les hippopotames savent-ils nager ?
Étonnamment, les hippopotames ne nagent pas véritablement. Ils se déplacent dans l'eau en marchant, trottant et bondissant sur le fond. Leur densité corporelle élevée leur permet de rester au fond sans effort. Ils peuvent retenir leur souffle pendant 5 minutes.
Que mangent les hippopotames ?
Les hippopotames sont des herbivores nocturnes qui se nourrissent principalement d'herbe courte. Ils sortent de l'eau au crépuscule et parcourent jusqu'à 10 kilomètres pour brouter 35 à 40 kg de végétation par nuit, avant de regagner l'eau à l'aube.
Où voir le plus grand rassemblement d'hippopotames ?
Le parc national de Katavi, dans l'ouest de la Tanzanie, offre les rassemblements les plus spectaculaires d'Afrique. En saison sèche, des centaines d'hippopotames se concentrent dans des mares résiduelles, créant un spectacle d'une densité inouïe.
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